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Randonnée Nautique des Gorges de la Loire, un rêve qui devient réalité !
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"Maintenant vous fermez les yeux, et vous essayez de sentir le bateau et le rythme de la nage sans regarder." Qui n'a pas déjà fait cet exercice intéressant lors d'un entraînement sur le lac ? Pour un groupe d'une douzaine de personnes malvoyantes du canton de Vaud, du Valais et de Genève, ramer avec un handicap visuel est la normalité.
Tous les mercredis, cette équipe très motivée se retrouve pour s'adonner à sa passion. Encadrés par des bénévoles qui se relaient pour aider à sortir les yolettes ou doubles, prendre la barre et apporter leur soutien lorsque cela est nécessaire, les sorties se déroulent en équipes mixtes de voyants et de malvoyants, et la bonne humeur est également toujours de la partie. Mais notre lac n'est pas la limite de leurs ambitions. Cette année, ils se sont davantage entraînés pour participer à la sortie sur la Loire, organisée par le club de Saint-Étienne. Trouvez ci-dessous le témoignage de Nadia, l'une des participantes enthousiastes à cet événement :
A la fin de l'année 2024, Bernard Stumpe nous a annoncé – à nous les participants du GSHV (Groupe Sportif des Handicapés de la Vue) Aviron – son projet de nous emmener faire la randonnée nautique des Gorges de la Loire le week-end du 14 et 15 juin 2025: 32 kilomètres de rame... Nous avons accepté ce défi avec enthousiasme, mais très vite nous avons compris qu'une sélection s'imposait vu qu'avec deux yolettes, il y avait de la place pour six personnes non-voyantes et malvoyantes, deux accompagnantes et les deux barreurs Bernard Stumpe et Roberto Betti... En février, nous avons eu trois entraînements extraordinaires, sur ergomètre, pour déterminer les diverses puissances physiques et endurances! Tout le monde y a mis du sien, et les équipages ont été définis. Tous les mercredis du mois de mars, nous avons affiné notre technique à l'ergomètre et au bassin avec beaucoup de motivation. Dès la belle saison, nous avons débuté nos sorties sur le lac et nous nous sommes organisés pour faire de plus longues distances que d'ordinaire en allant jusqu'à la Galère (15 kilomètres). Rien n'a été facile, la fatigue, les cloques dans les mains, les courbatures les jours suivants..., mais nous étions toujours fiers de nos résultats! Le samedi 14 juin, l'équipe au complet est partie à l'aventure, destination Saint-Paul en Cornillon, pour une journée détente avec visite de la miellerie et souper dans une ambiance idyllique et conviviale.
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Il faisait une chaleur incroyable. Le jour J arrivé, la météo s'est montrée un peu capricieuse avec un ciel couvert et un petit vent froid, mais finalement idéale pour ramer. Dans nos beaux T-shirts du LSA, très fiers de représenter notre club de Lausanne, nous avons ramé en y mettant toute notre énergie, même sous la pluie d'orage et avec un souci de cale-pieds dû à une collision causée par une fausse manœuvre d'autres participants... La vaillante équipe a fait 20 km en trois heures, les organisateurs ayant raccourci le parcours à cause des conditions météo. Quand nous avons remis les pieds sur terre, nous étions si contents que nous avons oublié que nous étions mouillés de la tête aux pieds! Un bon repas partagé dans la bonne humeur nous a réchauffés. Nous avons pris le chemin du retour le cœur rempli de joie en nous disant: " Et pourquoi pas à l'année prochaine?! "
Merci aux barreurs du LSA Bernard et Roberto ainsi qu'aux deux accompagnantes Jocelyne et Corine et à l'équipe GSHV: Vincent, Joël, Eddy, Maria, Baptiste et Nadia. Le GSHV remercie aussi le LSA Aviron, qui a été flexible et mis à disposition la salle et les yolettes les mercredis après-midis. Nos remerciements vont aussi à la Clinique Cecil, qui a financé une grande partie de cette randonnée, et au club d'Aviron stéphanois pour leur accueil, à l'occasion de leur 30e anniversaire.
Nadia |
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Cross Rowing sur la Ruhr
Autour de Dortmund, du 13 au 19 juillet 2025
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"Oh, c'est assez compliqué... " C'est ce que Mike répondait, en souriant de bizingue, quand on lui demandait comment ça allait, ces préparatifs de la rando dans la Ruhr, en Allemagne. Eh bien on a compris pourquoi! La Ruhr, vers Dortmund – la ville de Jakob, l'autre organisateur – se montre plutôt capricieuse: peu abondante et affectionnant les rapides, prolifique en algues et nénuphars, riche en culs de sac, méandreuse, imprévisible... Pour franchir les mauvaises passes, pas d'écluses, mais des toboggans: entre deux murets, sur des flots bouillonnants, on fait passer son embarcation en la retenant par une ficelle à l'avant et à l'arrière et en la guidant avec deux rames pour éviter que les portants heurtent les parois. Du grand art! Au sixième toboggan, on est tous devenus des experts!
Donc, oui, compliqué, et expérimental. D'autant qu'on a pu, avec succès, tester le charriot prototype de Mike. Deux lanières, deux roues sur un essieu, et vogue la yolette sur les rampes des pontons et sur l'herbette. Quand il faut grimper, c'est sympa. Mais au Club d'aviron de Hattingen, ils ont un système de treuil assez sophistiqué dont nous avons pu profiter, récupéré sur les ruines d'une mine de charbon voisine... Car la Ruhr, qui l'ignore?, sillonne un pays au passé sidérurgique mémorable.
Un jour de pluie, plutôt que de glisser sur les toboggans, on a pu ainsi se balader sur une conduite de gaz à une hauteur vertigineuse avec vue sur les hauts fourneaux à Phoenix West, s'enfoncer (dûment casqués) dans un boyau charbonneux de la houillère de Zollern (LWL) puis admirer d'énormes machines derrière un extraordinaire portail Art nouveau, prendre un thé dans une halle de la Kokerei Hansa... Oui, on a aussi pu faire du tourisme, d'ailleurs on n'a pas quitté la Route Industriekultur, dans tous ces kilomètres qu'on faisait pour rejoindre, le soir, l'hôtel de Herdecke, puis celui de Hattingen. Même quand on s'est perdues. Eh oui par deux fois, dans les bus, on a tourné dans tous les sens pour trouver le Ruderclub une fois de Blankenstein une autre de Baldeneysee... Cette Ruhr est si complic!
Toute rando a ses moments forts. (Et ses ptits désagréments aussi, ici ça a été les caques des bernaches du Canada, parfois de plusieurs centimètres d'épaisseur sur le bord des pontons...) Le moment le plus fort, ça a été, non pas la fuite en avant, à fond de train, de Magda et Silvia sur Citius alors que la rivière avait à peine 20 cm de fond, ni le premier toboggan où tout le monde a failli déraper et Pangolin se fracasser, ni la fois où Gaël et Magda sur Citius (hum, on était mieux en yolette) ont râclé un espèce de mur dans le fond de la Ruhr, ni même le repas gastronomique au Vida où celles qui avaient pris l'option végétarienne par crainte du porc l'ont bien regretté en voyant notre poisson..., non tout cela n'est rien par rapport à l'apéro chez les parents de Jakob.
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Et pourtant, les craintes avaient été vives devant les photos de Salzkuchen de Jakob: images de pain style McDo avec un truc, le met, à l'intérieur. Là encore les pseudo-végétariens ont eu bien tort. Ce fut exquis, frais, épicé, et l'apéro se fit souper, devant un jardin somptueux de grandes herbes et graminées, servis par des hôtes très classe et très spontanés; on a été gâtés et on n'arrivait plus à décoller. J'oubliais: la bière coulait à flot... Pas n'importe laquelle d'ailleurs, Jakob a tout expliqué entre celle de Dortmund et celles de pas Dortmund, mais je ne me souviens pas bien!
Que dire encore de cet exploit de ramer sur une rivière ramable essentiellement sur ce qu'ils appellent le lac de Baldeney, au pied de la villa Hügel, le temple mastodontique de Krupp, devenu un musée (que nous avons visité)? Les kilomètres? Pas beaucoup en bateau (75), mais pas mal sur les routes et autoroutes allemandes: bravo aux chauffeurs et chauffeuses, avec bonus pour Denise, as de la marche arrière en terrain pentu et pierreux. L'équipe? Du tonnerre! Voici les noms: Camilla, Caroline, Christine, Denise, Gaël, Hélène, Jakob, Lauriane (experte en copulation de libellules), Lucia, Magda (experte en Accords Toltèques), Mike, Pascal, Silvia, Véro, soit une bonne brochette de LSA members que n'a pas effrayés l'idée d'aller humer des parfums houillers dans une verdure bucolique.
La météo? Mieux aurait été mal: chaud mais pas trop, nuits agréables, soleil farceur. La nourriture? Plutôt haut de gamme, avec en rab, dans les haies, des kilos de mûres chaque jour plus mûres. L'organisation? Franchement, chapeau! Mike, Jakob, merci, merci, vous nous avez concocté une sorte de voyage total avec du Spass, du Spannend, du Sport, du Spiel, du Spontan, et même pas beaucoup de Speck!
Loyse |
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Traversée de Lyon
Lyon, le 1er mai 2025
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Lyon, la ville entre Rhône et Saône, avec son pittoresque centre historique, le funiculaire menant à la basilique Notre-Dame de Fourvière, d'où la vue est magnifique, la vieille ville et ses passages secrets entre les maisons appelés "traboules", les terrasses ombragées qui invitent à déguster une bière fraîche pour affronter les températures estivales, et – bien sûr – le dîner dans un authentique bouchon lyonnais pour goûter les spécialités locales comme les quenelles, le magret de canard, les andouillettes et le boudin noir... Le premier groupe parti en minibus a eu le privilège de (re-)découvrir toutes ces merveilles le mercredi, en attendant les quatre derniers arrivants qui les ont rejoints dans la soirée.
Mais l'objectif principal de l'excursion était évidemment tout autre: la Traversée de Lyon en aviron. Cette randonnée sur les fleuves Rhône et Saône rassemblait en ce 1er mai environ 200 participants, invités et encadrés par le Club Aviron Union Nautique (AUN) de Lyon qui organisait l'événement.
Après un petit déjeuner revigorant à l'hôtel et par un temps parfait, nous marchons alors jeudi matin le long de la Saône pour rejoindre l'AUN, ce qui nous donne déjà une première impression de ce bel endroit. Une quarantaine de bateaux sont mis à l'eau à l'Île de Barbe, et nous attendons le signal de départ, qui sera donné avec un peu de retard, vers 10 heures. Un des bateaux lausannois, impatient de se lancer dans la course, profite de l'attente pour faire un petit échauffement sur 3 km pendant que les autres attendent patiemment. Et puis... c'est parti! Descente de la Saône, montée du Rhône (en discutant l'hypothétique option de ramer directement depuis le Léman la prochaine fois), demi-tour au Pont de l'Université, descente du Rhône et remontée de la Saône pour terminer le parcours. Tout cela se déroule dans des conditions parfaites, avec un courant d'eau à peine perceptible et un soleil si chaud que l'on apprécie les ponts sur ces rivières, notamment pour l'ombre rafraîchissante qu'ils nous procurent à chaque fois que l'on passe en-dessous.
Le parcours entre nature et ville est très varié, on admire autant les magnifiques bâtiments historiques que les édifices modernes et colorés du quartier du port. Seul le Musée des Confluences, qui nous inspire divers qualificatifs peu flatteurs, ne suscite pas vraiment notre enthousiasme...
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Après 28 km sur l'eau, nous rejoignons notre point de départ qui marque également la fin de notre parcours. Une fois les bateaux rangés, nous sommes chaleureusement accueillis par le club hôte qui nous a préparé un apéritif généreux et un repas bien apprécié et dégusté avec appétit dans l'ambiance conviviale de leur agréable terrasse ombragée.
Repus et satisfaits de notre exploit, nous retournons à l'hôtel pour monter dans les minibus et entamer le chemin du retour vers notre port d'attache, cette fois-ci nettement plus calme qu'à l'aller, avec une certaine lourdeur dans les muscles et la tête pleine de beaux souvenirs.
Merci beaucoup aux chauffeurs des minibus, à Jérôme qui a organisé cette sympathique escapade sans y participer lui-même, et au club de Lyon pour leur accueil chaleureux.
Un grand merci aussi à toute l'équipe pour la bonne ambiance : Bénédicte, Daman, Delphine, Denis, Jean-David, Roberto, Sandrine, Timo et Valentina
Cornelia |
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