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Le 19 novembre dernier, à Bâle, avait lieu la BaselHead, première régate de la saison pour le nouveau 8+ master du Lausanne-Sports. L'occasion pour certains équipiers de revêtir pour la première fois la tenue de lumière du club, après avoir fait leurs armes à Schiffenen lors de la JREH et, auparavant, en écrasant glorieusement des gamins de 10 ans aux championnats romands 2011, en catégorie yolette. Cette fois, à Bâle, la concurrence était légèrement plus relevée. En effet, Noé, le benjamin de l'équipe, n'étant pas encore master (jedi un jour toi aussi tu seras, petit padawan !) notre bateau participait à la course en catégorie... Elite, bien décidé à plier en 4 toutes ces équipes nationales, dont l'équipe suisse avec Jérémy et Augustin. Allez, on y croit ! Après quelques orbites dans les ronds-points bâlois, le bus et sa longue remorque déposent en milieu de matinée la A-Team lausannoise sur les bords du Rhin. Le temps est frais mais le soleil est présent, quelques bateaux sont déjà sur l'eau à l'entraînement. Elena, barreuse-entraîneuse-DJ, et Jakob, schlagmann-metronome-teamleader, filent à la réunion des délégués. Pendant ce temps, le reste de la troupe s'applique à monter précautionneusement le beau bateau jaune. En effet aujourd'hui l'Infini est de sortie et va nous permettre de faire illusion, tout au moins quelques secondes, au milieu de tous ces autres Empacher venus des quatres coins de l'Europe. Cette fois fini de rire : la plupart des adversaires sont des colosses, même les plus grands de notre équipe font figure de gringalets à côté ! Euh... ils sont où les gamins de 10 ans déjà ? Il y a beaucoup de spectateurs sur la berge et transporter le bateau jusqu'au ponton sans estourbir un badaud est une gageure. Remontés à bloc et fiers comme Artaban, nous embarquons vers 13h30 pour une demi-heure de chauffe. La course est une "Head of the River", c'est-à-dire un contre-la-montre où les bateaux partent l'un après l'autre avec un décalage de 20s. Le parcours fait 6,4 km au total et s'effectue en aller-retour, d'abord à contre-courant, jusqu'à une bouée où il faut faire demi-tour le plus vite possible et repartir dare-dare, avec le courant cette fois, jusqu'à la ligne de départ-arrivée. 14 heures. La tension monte. Notre bateau porte le numéro 20, pour 22 équipes engagées en Elite. Ce qui signifie qu'on ne se fera pas dépasser par plus de deux bateaux, c'est déjà ça. Louvoyant entre les concurrents qui attendent leur tour, Elena nous annonce que nous allons bientôt franchir la ligne de départ. Ca y est, c'est parti : le signal a retenti à notre passage, le chrono est lancé et notre course aussi. Chacun est concentré et s'applique à reproduire ces gestes travaillés à l'entraînement. On a envie de lâcher les chevaux mais la course est longue et pour tenir la distance il faut trouver le bon compromis cadence-force qui permettra d'obtenir la vitesse moyenne la plus élevée possible. Elena nous encourage et nous guide, maintenant à bout de bras notre motivation mise à rude épreuve. Sous sa houlette, nous dépassons un bateau, puis deux. Conformément aux règles, ceux-ci s'écartent vers le centre du fleuve, là où le courant est le plus fort, pour nous laisser passer. Une série est lancée pour essayer de rattraper un troisième bateau mais nous abordons la zone du demi-tour où tout dépassement est interdit et devons ralentir. Gênés par ce bateau, nous perdons du temps pendant le demi-tour, un bateau dépassé semble même un peu revenir sur nous. Cette fois le courant est avec nous et le bateau file. Une certaine puissance semble animer l'Infini, chacun compte les ponts qui nous séparent de l'arrivée. 500 m avant celle-ci, Jakob booste la cadence. C'est le moment de tout donner ! Et c'est une file de visages cramoisis qui passe avec soulagement la ligne finale. Ouf c'est fini ! Pour un peu on voudrait repartir. Enfin... un autre jour peut-être. Sûrement. C'est quand la prochaine course déjà ?
Alex
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