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Pour participer à des compétitions en Suisse en 2012, il faut remplir le formulaire de demande de licence.
Si vous avez moins de 18 ans, il faut y ajouter une attestation médicale.
Une fois que tout est rempli, il suffit de donner ces papiers à Arnaud.

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Calendrier 2012

Régates Régionales

18 février

JREH, Lausanne

4 mars

Championnats Rom. d'Ergo, Vevey

31 mars

Critérium Lausannois

10 juin

Schiffenen

6 octobre

Championnats Romands, Divonne

7 octobre

régate de Divonne

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28-29 avril

Lauerz

19-20 mai

Cham

2-3 juin

Sarnen

16-17 juin

Greifensee

29 juin-1er juillet

Championnats Suisses, Lucerne

Courses en Huit

2 septembre

Herbstregatta Uster

8 septembre

Herbstregatta Schwartzsee

22 septembre

Achterrennen Sursee

29 septembre

X-Row, Zug-Lucerne

14 octobre

100 ans CC Lugano

17 novembre

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  Le retour     Le 13 août 2012

Réveil à 6h du matin. Départ pour l'aéroport. Les suisse-allemands prennent l'avion pour Zürich, les romands pour Genève. C'est l'occasion d'aller discuter avec les autres athlètes romands. Il y en a certains que j'avais même jamais croisé! Lors du décolage, j'ai dernière pensée pour les crêpes. Crêpes que je n'aurai jamais connues. Une fois arrivé en Suisse, il y a à nouveau le suspens de la valise. C'est-à-dire, est-ce que ma valise a survécu au voyage. La mienne s'en sort assez bien, ce n'est pas le cas pour tout le monde, certaines sont carrément fendues.

A l'aéroport, je vais vite me chercher à boire. Cette fois, mon accréditation ne va pas suffire. "Acheter à boire", "Payer pour le train". C'est bizarre non? Dans le train, le contrôleur demande si c'était bien, Londres. Oui, contrairement à ce qu'on peut lire dans les journaux romands, oui c'était bien Londres. Ça m'a amusé de lire ce qui s'est dit au terme de ces JO. "Une énorme déception", "Le triste bilan des Vaudois" etc... Je suis content qu'il y ait des articles du genre et en première page.

C'est bien qu'on se rende gentiment compte qu'il n'y a pas de véritable politique en faveur du sport dans notre pays. Ensuite, moi je ne suis pas vraiment déçu. J'ai fait ce que j'avais annoncé c'est-à-dire avant tout faire du mieux que je peux. Je n'ai jamais promis de médaille. C'est la première fois qu'on parle de moi et même que je fais figure en page de couverture pour une douzième place! J'espère que cet intérêt médiatique ne va pas s'éteindre avec la flamme olympique.

Pour moi, ces Jeux Olympiques ont été une grande étape et je pense que ça va bien me motiver pour la suite. Je n'ai pas l'intention de terminer mon aventure olympique dans un pays où il pleut et où il y a du vent de côté! Le niveau était rude mais c'est ça qu'on veut! En tout cas, merci à tous ceux qui m'ont soutenu pendant cette compétition incroyable!

Maintenant, c'est les vacances, quelques semaines de pause. Je vais bien me reposer, faire les choses que je n'ai jamais eu l'occasion de faire cette année et bien manger! A bientôt!


Augustin

  Cérémonie de clôture    Le 12 août 2012

C'est le matin, je suis à King's Cross. Un checking est prévu au village dans une heure. On doit déjà remettre nos deux grosses valises, elles seront déjà amenées à l'aéroport, prêtes à être embarquées demain matin. Le Javelin Train va directement à Stratford International, c'est nickel! Je suis à l'heure pour le checking. Depuis que je suis au Village, j'ai toujours pris les transports public complètement au feeling et jusqu'ici ça m'a toujours réussi. J'arrive tout tranquille à l'appart. Là, on me fait remarquer que j'ai oublié de faire quelque chose hier. Avertir les autres que je ne rentrerai pas dormir. A quatre heures du matin, on ne m'a pas trouvé à l'appartement. Gusti n'est pas dans son lit, ça c'est très bizarre. En plus je n'étais même pas joignable. On s'est fait du souci pour moi.

Après le checking, déjeuner. Moi je me fais plutôt du souci pour les crêpes. Mais où sont-elles? Je cherche partout en vain. Je vais me consoler en regardant le marathon à la télé puis la magnifique course de Nino Schurter en VTT. Je profite aussi de dormir car ce soir il y a la cérémonie de fermeture. Je n'ai pas envie d'être fatigué à ce moment-là.

L'après-midi, mon dernier après-midi au village, je découvre qu'il y a au village un petit endroit où on peut manger des grillades, des tacos et différents desserts de différents pays. Dire que j'aurais pu rentrer en Suisse sans avoir mangé ici! Les tacos sont pas mal du tout. Je prends des caramels au dessert et je termine ma dégustation de pots de glace en goûtant celle aux fraises.

Il est temps d'aller à la cérémonie de clôture. C'est la première fois que je vois autant d'athlètes de la Suisse.

Jusqu'ici, j'en avais seulement croisé quelques uns. On entre dans le stade. On est devant la scène où il y aura les chanteurs. Il y a tellement de spectateurs, ça devait vraiment être incroyable de faire l'athlétisme ici. Je ne peux pas raconter la cérémonie de clôture. De façon générale, c'est juste sublime. On ne s'ennuie pas, ça bouge de partout, on ne sait plus trop où donner de la tête. Pour ce qui est des gros plans, il y a toujours les gros écrans au dessus des tribunes qui nous montrent ce qu'on voit à la télé. Lors de cette cérémonie, il y a une (et une seule) chose qui était bien dommage pour nous les athlètes. Etant au milieu du stade, le son des haut-parleurs provenait de tout côté et en décalage. Evidemment, les spectateurs dans les tribunes n'avaient pas ce problème. Sinon j'ai particulièrement aimé quand l'un des chanteurs est arrivé avec son gang de moto. Ils roulaient vite, juste à côté de nous, l'effet est vraiment cool. Les taxis multicolores des Spice Girls m'ont bien plu aussi. J'aimerais aussi le vélo à hélice, la grande classe! Je me souviendrai longtemps de la présence d'Eric Idle, le mec qui est tombé du canon! C'est l'un des Monty Pythons! J'étais ému de le voir dans ce stade. Alors que ce n'est même pas mon préféré des Monty Pythons et que ce qu'il a fait n'était pas incroyable. Mr Bean et les Monty Pythons! Je suis comblé! Toute la partie "Rio" et extinction de la flamme m'a énormément plu. Une fois la cérémonie terminée, tous les athlètes vont manger. Je n'ai jamais vu le "Dining Hall" aussi plein, encore moins à une heure du matin.


Augustin

  Finales de boxe    Le 11 août 2012

Je suis fatigué. Suite à la partie sauvage de ping pong d'hier, je suis un peu courbaturé. Je vais faire une journée plus tranquille au village aujourd'hui. J'irai quand même voir les cinq finales de boxe ce soir. Tout en regardant les Jeux à la télé, j'écris des cartes postales. C'est typiquement quelques chose que je ne fais jamais. Pour une fois que je le fais, je le fais bien. J'arrive à la poste du village avec une pile de cartes. Toutes passent au tampon qui ne se trouve qu'ici. Ensuite, shopping!

A midi, le "Best of Britain" m'attire. Je pense que c'est le stand où je suis le moins souvent allé me servir. Aujourd'hui, il y a des côtelettes de porc qui ont l'air pas mal! J'en prends deux lors du premier service, avec des patates sautées. Les patates sont pas mal, les côtelettes sont parfaites! Encore! Ça a dû faire pas mal de côtelettes tout ça. Moment du dessert. Il y a les petits pots de glace à la vanille que j'aime bien. Malheureusement, il n'y en a plus (en y réfléchissant il y en aurait peut-être eu dans le frigo 50m plus loin). Première fois que j'essaie le petit pot au chocolat. Pas mal non plus!

Je veux aller voir la boxe mais j'ai de la peine à sortir du village. Devant la porte, plein de fans se sont rassemblés autour d'un athlète jamaïcain. C'est un peu la folie. L'athlète a de la peine à se frayer un passage. Le gardien de l'entrée fait du bruit en tapant sur les barreaux pour que l'entrée se dégage.

Dans le DLR, des supporters prennent des photos avec moi. Il y a aussi un mec qui donne des "free hugs". J'arrive à la halle ExCel. Cette fois je n'ai pas emmené 3 litres de boissons avec moi, je passe les contrôles de sécurité rapidos. Dans l'arène de boxe, je pense que c'est là qu'il y a l'ambiance la plus marquée.

Les spectateurs sont crazy. Malheureusement, c'est aussi le seul sport où on entend des gens huher. Mais ça va encore. Récemment, à Berne, je suis allé voir le combat pour le titre mondial entre Klitscko et Thompson et là c'était deux cent fois pire. Il y a un anglais à côté de moi. On fait nos paris sur quel boxeur aura le plus de points à la fin du round. Les anglais savent tout sur les JO. Le mec est bien rôdé pour l'aviron. Il connaît le parcours de Granger, il sait qu'il y a eu un "faux-départ" pour le double poids-léger anglais, il sait qu'il y a polémique au sujet du favoritisme selon les lignes d'eau. Il me raconte qu'il y a eu aussi beaucoup de discussions au sujet du cycliste anglais qui s'est laissé tomber lors du premier tour de piste pour faire repartir la course.

Pour la boxe, il y a beaucoup de catégories de poids. Ca va de très très très léger à bien lourd. 4 catégories de poids se situent entre 52 (!!!) et 81kg. Ensuite il y a la catégorie des plus de 91. Ces mecs sont bien balèzes mais je m'attendais à voir des colosses. L'un des deux fait quand même 198cm...

Après les finales de boxe, je vais rejoindre Guillaume, Richard, Jérémy et Jonathan et on sort à Londres. Là, je découvre des nouveaux pouvoirs à mon accréditation. Parce que j'en ai une, je peux rentrer gratuitement où je veux, on me donne un pass VIP et moi et ceux qui sont avec moi ne font pas la queue (autrement il y en a au moins pour une heure...). Je suis très fier d'avoir pu rentrer en short, normalement à Londres tu n'as aucune chance de rentrer où que ce soit sans pantalons! On finit tard, je ne rentre pas dormir au village, je dors chez Jonathan.


Augustin

  Des invités au village olympique    Le 10 août 2012

Aujourd'hui j'ai quatre invités. Jérémy, Richard, Guillaume et Jonathan. Jonathan, rameur au LS il y a quelques années, habite à Londres et héberge les trois autres. Normalement, ils n'auraient pas le droit d'entrer dans le village car ils n'ont pas d'accréditation. Mais en faisant une demande et en ayant un athlète qui se porte responsable, ils peuvent obtenir une accréditation pour invités. Ils doivent toujours rester avec moi et ils doivent être hors du village avant 21h. Ils ont dû laisser leur carte d'identité en caution.

C'est l'heure du petit-déjeuner. Chacun a acheté un billet pour visiteurs pour le dining hall. C'est 20£. Moi je leur conseille d'acheter. 20£ pour manger à gogo toute la journée... Mauvaise nouvelle. En arrivant au dining hall, on se rend compte que ce n'est pas un billet pour toute la journée mais un billet simplement pour l'entrée. Et si tu veux manger trois fois, il va falloir trois billets. Sauf si tu restes dans le dining hall du matin au soir. Ils gardent leur billet en réserve, je vais me fournir boissons en muffins, pains au chocolat et donuts. Autant dire que je n'arrive pas à tout mettre dans mon sac.

Ensuite on visite un peu le village. Je découvre avec eux le fitness center. Il y a une salle de musculation, des tables de tennis et différents terrains de sport à disposition. Il n'y a pas d'ergomètre. Après un tournoi sauvage au ping pong, on se dirige vers "The Globe". Là, billard et baby-foot. On regarde en même temps le 10km de natation masculin. On participe aussi aux JO via les jeux vidéos à disposition. Dans le jeu du trampoline, tu peux faire rebondir l'athlète sur la tête. J'aimerais bien aller voir ce sport. On part. Les nageurs sont toujours dans l'eau, depuis plus d'une heure et demi. Ca ne doit pas être très drôle comme sport.

Il est 14h, l'heure de manger. Puisqu'on a le droit d'entrer qu'une seule fois, on prévoit de ne pas sortir du dining hall avant un bon moment. La fine dégustation commence. On y passe tout l'après-midi et la soirée. On a bien mangé.

Je les raccompagne jusqu'à la sortie du village.

Ils ont emporté quelques provisions pour le chemin du retour. C'est l'heure de la finale de hockey! Je me réjouis trop. Je traverse le parc olympique. Je vois beaucoup de supporters Hollandais. J'arrive dans les tribunes, il y a déjà beaucoup de monde. Je regarde mon billet, je vais à nouveau avoir une place de malade! J'espère qu'il n'y a pas quelqu'un qui veut me prendre ma place, comme hier. Incroyable! It's a "deja vu". Le même hollandais qu'hier a à nouveau pris ma place. Cette fois, il insiste encore plus longtemps pour garder sa place. Et moi j'insiste encore plus longtemps pour qu'il dégage. Ce n'est pas comme s'il était sympathique au point que j'aille envie de lui céder ma place. Une fois ma place regagnée, j'ai une drôle de surprise. Les joueurs sont mignonnes et ont des jupes! Ce soir c'est la finale féminine. Du coup j'ai peur que sur le plan sportif ça soit moins passionnant. Bon, je vais laisser mes préjugés de côté, c'est quand même les futures championnes et vice-championnes olympiques, ça sera certainement impressionnant. Je perds mes illusions assez rapidement. Techniquement il y a beaucoup de déchets et collectivement ça joue clairement moins bien que hier. Je ne dis pas que de façon générale les garçons jouent mieux que les filles. Mais sur ce coup-là, la finale féminine était moins intéressante que la demi-finale masculine. La Hollande bat l'Argentine 2-0, deux goals marqués après au moins cinq "penalty corner". Je m'attendais à mieux, je n'ai pas l'impression d'avoir assisté à un match de championnes olympiques.

Une fois rentré, j'aimerais faire (ou faire faire) de la lessive. La blanchisserie est au sous-sol de l'immeuble. Le sous-sol, qui servira de parking pour les résidents une fois les JO terminés, est un vrai labyrinthe. C'est vraiment grand. Je ne sais pas trop où aller, j'ai dû rater une indication. Je trouve finalement des indicateurs, je donne ma lessive et je ressors du sous-sol. Cet endroit ne me dit rien. Je suis chez les Lettons.


Augustin

  Journaliste accrédité par le Lausanne-Sports Aviron    Le 9 août 2012

Quatre sports à aller voir aujourd'hui. Je suis trop content! Plongeon, natation synchronisée, lutte, hockey. Une grosse journée s'annonce, commençons par bien déjeuner. Je regarde sans espoir si je ne vois pas des crêpes. Non. Je déjeune sans crêpes. Une fois terminé, je vois qu'une Australienne mange des crêpes! Demain, je vais chercher dans tout le "Dining Hall"...

J'ai le plongeon à dix heures. Il est dix heures moins vingt. On dirait que l'Aquatics Center n'est pas loin. Mais c'est trompeur, c'est juste que le bâtiment est énorme. Il fait chaud, je cours. Le parc olympique est déjà plutôt rempli, mais il y a assez de place pour courir. Je suis toujours aussi satisfait de mes tongues. J'arrive à l'Aquatics Center à l'heure tout transpirant, je remets mon T-Shirt et vais dans une tribune. J'ai une place tout tout tout en haut. Je vois quand même assez bien. Là quelqu'un m'interpelle:
-"Tu parles français?"
-"Oui"
-"Tu t'y connais en plongeon?"
-"Heu... Pas trop non."
-"Ah dommage, je suis de la RTS, on cherche quelqu'on pour les commentaires. Et quand j'ai vu tes habits suisses..."
J'aurais pu bluffer et tenter de commenter. Je pense que ça se serait remarqué dès le premier saut de cette demi-finale du plongeon féminin, 10m. C'est vraiment sympa le plongeon, mais depuis ma place je ne vois pas tout à fait dans le détail. Heureusement, j'ai rendez-vous avec un journaliste. Je vais dans la tribune des médias. On est idéalement placé pour voir les plongeons. Il me pose des questions en même temps qu'on regarde. Vraiment des bonnes places les medias, pourtant c'est assez vide en ce moment. J'ai pu entrer dans cette zone sans qu'on contrôle mon accréditation. Ca me donne des idées.

Je rentre au village, je signe les cartes postales de la SRV puis j'écris mes propres cartes. Après un dîner copieux en riz coco, je retourne à l'Aquatics Center. J'ai le temps, je marche. C'est vraiment ennuyant de marcher. Je me rends compte de tout ce que j'ai couru ce matin. Ca fait un bon bout. Mes pieds me brûlent à cause du frottement de mes tongues. Je suis étonné que ça n'arrive que maintenant. Ça fait plusieurs jours que je me déplace énormément à pied. A force de marcher, je commence à être moins à l'heure que quand je suis à la bourre. Je cours un peu.

J'ai une superbe place pour voir la partie "Technical Routine" de la finale de natation synchronisée en groupe. Ça j'ai vraiment adoré. L'effet de groupe! La synchronisation parfaite ou au contraire le décalage maîtrisé, c'est hyper impressionnant. Pamela Fischer est à nouveau là, j'ai le droit à des explications d'experte! Ca prend à peine une heure, Nico et moi on est déçus que ce soit déjà fini.

Pour sortir du bâtiment, j'essaie un raccourci. Je comprends que je me dirige en fait dans la zone réservée aux athlètes plongeurs/nageurs. Pas grave j'essaie. Je montre mon accréditation au contrôle, on ne remarque pas que je n'ai pas l'autorisation pour cette zone. Tant mieux. Je prends une navette, en route pour ExCel!

Puisque le plongeon n'a pas duré très longtemps, je suis en avance.

Comme hier, je laisse plusieurs litres de limonade au contrôle de sécurité. En attendant que la lutte freestyle commence, Fish&Chips! Le "Freestyle Wrestling" commence. Ce sont les repêchages pour les femmes, différents combats pour différents poids. Puis il y a les combats pour le bronze. Moi j'ai une place pas si bien que ça. Il y a la tribune média juste à côté. Je pourrais y accéder facilement. ll y a des places de libre. Bureau avec feuilles des résultats et un ordi qui montre les ralentis. Il y a aussi un casque d'écoute. J'ai trop envie d'y aller mais j'ose pas. Les commentateurs ont une accréditation un peu différente, mais ça ne se remarque pas vraiment. Et le collier qui passe autour du cou est pareil. Je mets mon accréditation et vais me mettre à la place de GloboSport. Ça y est j'y suis. Je suis trop content mais j'ai vraiment trop peur! Je fais comme les autres, j'allume ma petite lampe et j'ai l'air très occupé. Après cinq minutes, une dame me demande mon accréditation. Elle voit que je suis un athlète et me dit que ces place sont réservées pour les media. Je lui réponds que je fais ça pour Lausanne-Sports. Cette place est louée, il va falloir que je retourne dans ma tribune. La dame a vraiment l'air désolée. Je lui dis que je comprends mais que je dois absolument faire des trucs pour Lausanne. "Est-ce que je peux revenir dans 10 minutes si GloboSport n'est toujours pas là". Elle est beaucoup trop gentille, elle s'excuse me dit que si ça tenait qu'à elle elle me laisserait mais que c'est comme ça. Je retourne dans ma tribune, j'ai vraiment eu trop peur. Elle était trop gentille, elle aurait juste dû me botter le cul.

Mis à part la lutte pour les places, la lutte freestyle c'est assez cool. Ca se tâte un moment et tout d'un coup tout se passe vite. J'ai bien aimé mais ce n'est pas le sport le plus impressionnant à regarder pour un spectateur non-averti.

Je retourne au village, je refais le plein de boissons et je retourne direct au parc olympique, direction Riverbank Arena. C'est là que la demi-finale de hockey masculin a lieu. Angleterre contre Pays-Bas. J'arrive dans la tribune, je regarde mon numéro de place et je réalise que je vais être au premier rang. Je réalise qu'un homme occupe ma place. D'office, il me dit avec arrogance d'aller plus loin, qu'il y aura plus de place. Je lui fais comprendre avec gentillesse que je l'emmerde. Il daigne finalement bouger. Gracias!

Le hockey sur gazon c'est vraiment captivant. 2x35min. Ça a passé hyper vite. C'est un sport qui me dirait bien. Ils s'envoient des pétées, la balle a l'air vraiment dure. Un hollandais s'est fait tirer dessus, il est bien K.O. L'ambiance est énorme, jusqu'à ce que les hollandais marquent marquent et marquent. Neuf à deux au terme du match. Ça a quand même un peu éteint l'enthousiasme des Anglais.

J'ai vraiment adoré ce match. Demain, je vais faire visiter le village pendant la journée mais j'aimerais bien assister à la finale le soir. Hollande contre Argentine. Je vais regarder dans notre immeuble, il y a déjà les billets pour demain! Il n'en reste plus qu'un. Demain 20h: finale de Hockey!


Augustin

  Taekwondo, ping-pong et tourisme    Le 8 août 2012

Je ne trouve pas les crêpes. Je commence à faire à l'idée qu'ils n'en font plus. Je fais le plein de boissons et limonades, je prends le DLR et je me retrouve au bâtiment ExCel. Au passage du contrôle de sécurité, je dois me débarrasser de tout liquide. On me demande si j'ai une bouteille dans mon sac. Non, j'en ai cinq. Bye bye bottles! ExCel c'est une sorte de halle géante. Normalement c'est là qu'ont lieu des expositions mais pour les JO, c'est là qu'on peut assister au tennis de table, au taekwondo, à la lutte, à la boxe, au judo, à l'escrime et à l'haltérophilie. J'ai des billets pour le taekwondo et pour le ping pong.

Le taekwondo, c'est les 16èmes de finale. Hommes moins de 58kg et femmes moins de 49kg. Les taekwondoïstes sont un peu comme Chuck Norris, ils mettent leurs pieds où ils veulent. Et c'est souvent dans la gueule. C'est vraiment impressionnant. Les femmes ont l'habitude de crier à chaque kick. Des longs cris aigus. En fait les hommes aussi. "Sounds like cats" ose dire le spectateur de derrière à leur sujet. Les arbitres sont pas mal aussi. Quand ils donnent des ordres, c'est très fort et de façon très militaire, en faisant des gestes très carrés.

Ensuite, le tennis de table. C'est l'Allemagne contre Hong Kong, pour la médaille de bronze. C'est extrêmement intéressant d'assister à ce sport. Quand on le regarde à la télé, on se rend pas du tout compte de la vitesse de la balle, de l'effet qu'ils mettent et de la distance qu'il y a parfois entre le joueur et la table. Ils se renvoient smash sur smash, ils courent partout et certains sauvetages de balle sont simplement irréels. Je ne savais pas qu'ils gardaient la même balle pour tout le match. L'Allemagne l'emporte, après trois matchs en simple et un match en double.

Ca m'a beaucoup plu.

Je suis au London Eye, avec ma mère, Jéré, Guillaume et Richard. Le London Eye, c'est une grande roue qui va assez haut et qui tourne lentement. 20 minutes pour faire le tour. Je pense que celle de Singapour était plus grande. Ensuite, on va s'enterrer dans les sous-terrain de Londres, au London Dungeon. Dans une ambiance glauque, il y a une présentation de tous les trucs qui font peur qui se sont passés à Londres. Peste, torture, Jack l'éventreur, fantômes, condamnations, pendaison et les barbiers. Dans ce décor, il y a plein de vrais acteurs déguisés. Certains t'expliquent un brin d'histoire, d'autres viennent juste derrière toi et crient. Souvent, ils utilisent des moyens assez simples pour te faire peur mais ça marche trop bien. Même si tu t'y attends. Alors nous on a commencé à faire peur aux acteurs. C'est vraiment amusant. Il y a beaucoup de choses vraiment cool dans ce donjon!

Une fois sorti, on trouve un restaurant ou tout est à gogo, y compris différentes sortes de viande qu'on vient te servir à table. Tu as un petit jeton, s'il est du côté vert ça veut dire que tu veux de la viande! Autant dire que tu vas une fois remplir ton assiette de salade et de riz puis qu'ensuite tu ne sors plus de table, t'attends juste qu'on remplisse de viande ton assiette. C'est très bon, on mange des tonnes. Comme chaque jour, j'explose.

Pendant le trajet du retour, je me sens même un peu mal. Arrivé à mon immeuble, il est passé minuit, je regarde s'il n'y aurait pas déjà par hasard les billets pour demain. Ils y sont. Demain va être une journée folle. Je vais assister à quatre événements!


Augustin

  Natation synchronisée    Le 7 août 2012

Je ne trouve pas les crêpes. Ils n'en font pas ce matin. La déception est de taille. Je remets ça à demain. Je vais me procurer des billets, je prends la finale de la natation synchronisée (à deux) et deux matchs de quarts de finale de water polo.

Je réponds à une interview pour le magazine de l'aide sportive suisse puis je prends le métro en direction de streetford. Là, une marque distribue des casques audio de qualité pour tous les olympiens. Je suis motivé à m'en procurer. Malheureusement, aujourd'hui c'est fermé. Comme pour les crêpes, ce n'est que partie remise.

Je vais au Parc Olympique. Là, il y a une foule de monde. On ne peut pas se déplacer tout à fait aisément alors que les places sont gigantesques. Je me demande combien de centaines de milliers de personnes y passent par jour. J'arrive à l'Aquatics Centre, quasi à l'heure pour la natation synchronisée (duett). L'architecture du bâtiment est bizarre. Au début, je trouve qu'il n'y a pas beaucoup de tribunes, qu'il y a de la place pour max 5'000 personnes. En regardant mieux, je devine qu'il y a des tribunes qui montent encore très haut mais que je ne peux pas voir à cause de la forme bizarre du bâtiment. Au total, ça doit faire dans les 30'000 spectateurs. J'ai la chance d'avoir Pamela Fischer, suissesse qui pratique ce sport, à mes côtés dans les tribunes pour cette finale. C'est vraiment beau et impressionant à regarder. Parfois elles restent vraiment longtemps sous l'eau. Et quand elles sortent juste les jambes, on ne sait plus à qui appartient quelle jambe. Sinon, la façon dont elles arrivent à sortir haut leur corps de l'eau doit demander des capacités physiques incroyables. A vrai dire, tout est impressionant.

A part un truc. Au début, elles commencent hors de l'eau puis plongent dans l'eau. Et là, sur ce plongeon, il y a quelque chose qui me choque. Durant quasi 5 minutes, tout ce qu'elles font est grâcieux et précis. Tout, sauf leur plongeon. Plongeon qui éclabousse beaucoup. J'irais même jusqu'à dire que je pourrais faire mieux. Pamela me dit que le plongeon ne compte pas pour les points. Tout s'explique, mais ça surprend quand même!

Je traverse le parc, je me dirige vers la Water Polo Arena. Au parc, il y a toujours une foule de monde. Dans l'arène, j'ai comme toujours jusqu'à présent une vraiment bonne place. J'installe mon grand drapeau suisse. C'est deux matchs de quart de finale de Water Polo féminin. C'est cool, c'est un sport que je connais peu. J'aime bien! Toutes les 30 secondes, les équipes alternent défense et attaque. Ca donne du rythme au jeu. Elles se noient un peu tout le temps entre elles ce qui donne lieu à beaucoup de fautes mais le jeu n'est qu'à peine interrompu. C'est agréable à regarder. Il y a beaucoup d'ambiance dans le match Russe-Angleterre. Etonamment, il y en a encore plus pour le match Espagne-Hongrie.

Beach volley, athlétisme, natation snychronisée, water polo. Je remarque que jusqu'ici je ne suis allé voir que les sports où il y a des filles en petit maillot. Ca y est, je suis fiché. Ma réputation en prend un coup. Heureusement, il me reste encore plusieurs jours pour prouver que je ne m'intéresse pas qu'à ça. Au fond, ça ne dépend pas de moi. Tout dépend de la disponibilité des billets. Et ça, je ne peux le découvrir que le jour même. C'est assez cool, ça me fait des journées surprises.


Augustin

  Manger et voir l'athlétisme    LE 6 août 2012

Le matin, on a rendez-vous pour faire une photo de groupe sous les anneaux olympiques. Ensuite, déjeuner! Il y a plein de bonnes choses. En fait il y a vraiment de tout ce qu'on pourrait avoir envie au déjeuner. Et même de ce qu'on n'aurait pas envie. Personne va t'empêcher de t'enfiler trois steaks le matin. Je prends un petit déj anglais. Une fois fini, j'apprends que j'ai raté le stand des crêpes! J'en veux! Malheureusement, il n'y en a plus pour l'instant, il va falloir attendre demain. Je n'ai pas dit mon dernier mot, crêpes!

Ensuite, je vais faire un petit tour dans le village. Je tombe sur "The Globe". C'est une salle qui a l'allure d'un bar. Il y a des tables de billard, des baby-foot, différentes consoles de jeu, une petite salle de cinéma.

Il est bientôt 16h et je n'ai pas encore dîné. Je choisis quelques côtelettes de porc qui on l'air pas mal et pour le tout le reste je vais m'approvisionner vers le stand Africain. Le riz coco est pas mal du tout et les côtelettes sont tip top! Je découvre aussi les plantains de banane grillés et un peu caramélisés. C'est trop bon! Je mange une tonne puis je vais retrouver quelqu'un du CIO que m'emmène pour faire une interview au sujet de Londres 2012 et de Singapour 2010.

Ensuite, une sieste s'impose.

Depuis ma chambre, j'entends les clameurs qui s'élèvent des différents stades et arènes du parc olympique qui se situe juste à côté du village. Moi aussi je serai là-bas dans quelques heures. Ce soir, je vais voir l'Athlétisme.

Le stade est énorme. J'ai une bonne place, juste à côté de la flamme olympique. Je suis assez près des lanceuses de poids. Je les dévore des yeux, surtout la future championne olympique. Elle est parfaite! La vice-championne olympique, la néo-zélandaise, s'entraîne en Suisse, à Macolin. Il y a notamment aussi les demi-finales du 200m féminin. Léa Sprunger y représente la Suisse. Avant le départ, il y a un silence absolu. 80'000 personnes qui ne font plus un bruit. Et quand ça part ça devient une monstre ambiance. Léa ne passe pas en finale mais est bien dans le coup. C'est impressionnant!

Ensuite, on rentre. On est 6 rameurs avec des habits de l'équipe suisse. On traverse le parc olympique et presque à chaque fois qu'on croise des gens, on entend susurer "Switzerland" ou "Swiss". Et dans le parc olympique, ça ne manque pas de visiteurs.

Il est déjà assez tard. Je vais souper. Là, je meurs à nouveau. Sur le chemin du retour, je me rappelle qu'il faut que je trouve les crêpes au déjeuner demain matin.


Augustin

  Déménagement au village olympique    Le 4 août 2012

Départ pour le "vrai" village olympique. Il y a le marathon qui passe en ville, toutes les rues sont bloquées, le bus doit faire des monstres détours. Il pleut des cordes dehors. Le trajet aura duré deux heures. J'en ai profité pour dormir. Arrivés au village on va tous au McDo. Je refais un peu comme la veille, sauf que cette fois je peux mieux cibler sur les bons trucs. Plus de 3000 kcal. Au prochain repas, j'irai tester un peu tous les stands de nourriture. J'ai un peu peur de devenir comme le mec dans "Super Size Me".

On a un appartement 8 places, pour le 4- et notre 4x. C'est vraiment cool. Je suis avec Nico dans une chambre. On a pas de bol, c'est la plus petite. Après dix minutes, c'est déjà le bordel. On est tout en haut, au dixième étage de l'un des nombreux immeubles, ce qui fait que le toit nous fait une grande terrasse.

Ensuite, on va prendre un apéro au Sky Lounge, le salon suisse qui est juste à côté de notre appart. Là, il y a une salle qui projette en live, les JO, une grande terrasse, parfois des réunions ou apéros et il y a... du rivella!

Ensuite, c'est la chasse aux billets pour aller voir des compétitions. Chaque jour, Christian nous dit combien et quels billets sont disponibles. J'ai des billets pour le beach volley. Ca commencera à 22h au Horse Guard Course.

En attendant, petit tour au dining hall. Cette fois, je vais prendre mon repas au stand européen et pizza. C'est pas très original mais c'est bon. Et j'ai encore pas mal de jours pour essayer tous les autres stands. Il y a Afrique et Caraïbes, Angleterre, Europe et Amérique, Halal, Inde et Asie.

Il y a aussi un stand de pizza. Et il y a aussi le McDo et le McCafé.

Le match de beach commence à 22h. C'est pas trop loin en métro alors je ne prévois pas trop marge. Mais rien que sortir du village ça me prend déjà bien du temps. Je suis un peu à la bourre. Une fois à Westminster, je courre jusqu'au Horse Guard Course. Au fond c'est les vacances, j'ai pas de stress, mais j'ai pas envie de trop rater le début du match. Et ça ne me dérange pas de courir. C'est l'occasion de tester ce que valent les tongues fournies par Swiss Olympic. Pour trouver la bonne entrée, je courre vite quand même un bon moment. Ces tongues sont nickel, elles tiennent bien au pied. J'arrive dans la tribune. Ca va, ça vient de commencer. "Did you just have a swim?". Non non, juste un peu couru...

C'est les quarts de final des femmes, USA vs Tchéquie. Voir le beach féminin c'est pas dérangeant. C'est assez tard le soir, il fait pas hyper chaud, les américaines ont un maillot de bain, les tchèques sont en leggins et en en manches longues. Mais de visage elles sont plus jolies. Alors je suis un peu pour les deux équipes :)

Le match était vraiment cool. Ensuite il y en a eu un deuxième, Allemagne vs Brézil. C'est malade comme les tribunes sont grandes! Il y a juste tellement de monde. L'ambiance est très sympa. Le moment où tu re rends le mieux compte du nombre de spectateurs, c'est quand c'est fini et que les tribunes se vident. Tout d'un coup, toutes les routes, même larges, sont pleines de monde.


Augustin

  Dernier jour d'aviron à Eton-Dorney    Le 4 août 2012

Premier jour de vacances! Ca passe bien! Je me lève à 9h00 et je vais déjeuner. Je déjeune comme un fou: je n'ai plus la faim réduite par le stress et je n'ai plus le souci de manger "équilibré". Oeufs brouillés, lard, saucisses de dinde, toasts, beurre, peanut butter et nutella. En quantité. Tout ça en regardant le triathlon. C'est très serré. La Suissesse peut gagner. La fin arrive, elle va de plus en plus vite. Je suis content qu'elle accélérère parce que j'ai un bus à prendre mais ce serait trop bête d'arrêter de regarder à deux minutes de la fin. Nicola Spirig gagne en terminant par un incroyable sprint. Je cours à mon tour et j'attrappe mon bus de justesse, direction le lac d'Eton Dorney.

Là je regarde les dernières finales d'aviron. C'est dommage qu'il y ait toujours cette histoire d'inéquité pour les lignes d'eau. Dans la tribune des athlètes et coach, je vois beaucoup de personnes qui font des diagonales avec leur bras, représentant le décalage entre les bateaux à cause du vent. Malgré ça, ce sont de très belles courses. Le double poids léger danois a été incroyable, ils ont tellement souffert mais remonté sur les derniers 500m! Et Kim Crow remporte aujourd'hui sa deuxième médaille de Londres. En skiff et en double. La seule à avoir fait ça. La classe!

Ensuite, je rencontre Arnaud qui prend des photos. On parle un moment. Ca a beau être mon entraîneur de club, je n'ai pas eu souvent l'occasion de le voir cette saison. Je rentre ensuite au village et prépare mes bagages car demain on déménage au vrai village olympique.

A cinq heures de l'après-midi, je suis mort.

Toute la fatigue de cette semaine de course, toute cette ambiance des JO, tous ces entraînements pendant l'année, tout ça me tombe dessus d'un coup. C'est l'heure de la sieste.

Le soir, il y a une fête pour les nageurs et les rameurs organisée vers le vrai village olympique. Je ne suis pas très motivé, je suis fatigué. Mais qui dit village olympique dit aussi MacDo. Et ça, ça m'a vraiment motivé! Ca allait changer du village des rameurs. Le vrai village olympique est énorme. Je ne sais pas trop comment le décrire. C'est hyper grand. On marche un peu puis on voit un bâtiment énorme qui a l'air d'un stade géant. "Dining Hall". A l'intérieur, c'est incroyable. C'est une salle gigantesque où il y a des stands de nourriture de toutes origines. On se dirige au McDo. Là, rêve d'enfance, tout est gratuit. Je commande un peu tout ce qui est possible de commander. Un repas de fou, plus de 3000 kcal.

On se dirige où il y a la fête. C'est sympa mais ce n'est pas mon truc. Je reste quand même un moment puis je rentre seul, les autres veulent rester. Là, je suis bien fatigué. Je m'endors un peu dans le tram et quand je me réveille, je suis allé trop loin. Un taxi-vélo me prend m'amène à un endroit où je peux trouver des vrais taxis. Le mec est sympa. Quand ça monte, avec mon poids + mon McDo, il peine. Je lui dis qu'on pourrait échanger les rôles.

Au village des rameurs, je sais que c'est ma dernière nuit. C'est donc le dernier moment pour contrôler si la cantine est bel et bien ouverte 24/24. Il est passé 2h du matin, je suis dans la cantine, je profite des glaces.


Augustin

  Finale B du M4x     Vendredi 3 août 2012
  La finale B    Le 3 août 2012

Jour de la finale B. Il est 6h du matin, je vais chercher ma lessive. Ils ne la trouvent pas alors qu'elle aurait déjà dû être prête hier soir. Elle ne doit probablement pas encore être lavée. Heureusement, j'avais bien anticipé sur ce coup-là, j'avais pris du rechange.

On arrive au bassin. Tout est calme. Petite sortie sur l'eau. Le vent commence à se lever. Un vent de travers et contre. On a la ligne d'eau 6, ce sera un gros avantage. Pourtant, on ne veut pas trop penser à ça. Premièrement, ce qui est important ce n'est pas la ligne d'eau mais de faire une bonne course. Et deuxièmement, même s'ils ne l'ont pas fait hier, les organisateurs pourraient changer les lignes d'eau pour mettre les favoris dans les meilleures ligne d'eau. Dans ce cas, on aurait certainement une des deux moins bonnes lignes d'eau.

On sort le bateau pour la course. On l'amène au ponton. Là, on nous dit d'attendre. On attend, on attend. Finalement, les courses sont retardées de trente minutes et malheureusement pour nous les lignes d'eau vont être redistribuées.

La redistribution des lignes d'eau pour les favoris, c'est une bonne idée. Mais pour faire les choses de manière vraiment juste, il aurait aussi fallu redistribuer les lignes lors de la demi-finale. Là, le résultat est que ceux qui avaient par hasard une bonne ligne d'eau en demi auront aussi une bonne ligne d'eau en finale. Redistribuer dès le début ou ne pas redistribuer du tout. On est conscients que notre ligne d'eau sera la numéro un ou deux. Ce sera la deux. On a plus de chance que les italiens qui ont la une.

J'essaie de ne pas trop penser à notre désavantage et d'ailleurs, si je me rappelle d'Eton l'année passée, le vent pourrait encore tourner subitement.

La course va partir. Toujours du vent de côté/contre. C'est égal. La seule chose qu'on peut faire, c'est faire de notre mieux. Après le 1er 500m, on est dans le coup. Au 1000m, on est un peu derrière, 5ème, devant les italiens. Au 1500m, les italiens accélérent et nous passent gentiment devant. On essaie de réagir mais ils passent quand même. Au final, on termine 6ème de la finale, c'est-à-dire 12ème du général.

Au terme de la course on est déçu. Moi peut-être moins que les autres. Le résultat est décevant, c'est vrai qu'on visait le top 8, mais en même temps j'ai l'impression d'avoir fait ce que je pouvais.

Maintenant, je veux aller voir les finales A depuis les tribunes. Je ne sais pas comment mais j'arrive à accéder à une tribune à laquelle je n'ai normalement pas accès. Là, je retrouve ma famille et les amis. Ca fait plaisir! Je regarde le bassin: le temps de monter dans la tribune, le vent a déjà tourné. C'est toujours un vent de côté, mais maintenant un vent de côté/pour...

Le soir un repas est organisé pour les rameurs à la Swiss House, au London Bridge. C'est très sympa, la famille et les amis peuvent venir aussi. L'un des serveurs est un copain de gymnase. Ensuite je vais dire bonjour à Jonathan. Jonathan, qui a ramé un tant au LSA et qui héberge Jérémy pour plus d'une semaine au plein centre de Londres.


Augustin

  Regarder la course du LM4-    Le 2 août 2012

Journée de repos. Sortie tôt le matin, avant qu'il y ait des courses. Ensuite, j'ai pas mal de temps pour les regarder. Il y a un bon vent de travers, un peu dans le sens de la course. La finale du double poids lourd homme est incroyable. Sur le dernier 500m, les Néo-Zélandais font un gros emballage, rattrapent tout le monde et deviennent champions olympiques.

Evidemment, la course la plus attendue par les Suisses, c'est le quatre sans poids léger. On y croît tous à fond! Ils terminent cinquième, c'est un coup dur. Bon, une cinquième place aux JO, c'est déjà énorme! Ils ont eu la ligne d'eau 2, c'est-à-dire l'une des plus exposées. Les hollandais, ligne d'eau 1, étaient à la rue.

Après toutes les finales du jour, le bruit commence à courir que les lignes d'eau 1,2 et 3 sont clairement désavantagées par rapport à 4,5 et 6. Ca pourrait être vrai. A cause du vent de travers, l'eau est agitée à la ligne d'eau 1 alors que ligne d'eau 6 c'est encore tip top. Et les résultats du jour ne donnent pas tort à cette théorie.

Ca ne veut pas dire que ça la confirme, mais ça n'enlève en tout cas pas le doute.

Après les finales, on va nous-même faire une petite sortie sur l'eau. Entre-temps, le vent est devenu deux fois plus puissant. Et là, dans ces conditions, c'est assez clair. Ligne d'eau 1, c'est vraiment difficile à ramer, en plus du fort vent il y a des grosses vagues. Ligne d'eau 6, le vent est toujours aussi puissant mais l'eau est complètement calme. C'est révoltant l'idée que les lignes d'eau puissent influencer conséquemennt les courses. En même temps, ça fait partie de notre sport. Et des fois, ce n'est qu'une question de chance.

Demain on a notre finale B. Il y a du beau monde, ça va être une course très dure. Notre course est à 10h10. Normalement à cette heure-là il n'y a pas ou que peu de vent. Mais si il y a du vent contre, on aura de la chance avec notre ligne d'eau 6. Le mieux, ce serait pas de vent du tout. Personne n'a envie de s'en remettre à la chance.


Augustin

  Demi-finale A/B    Le premier août 2012

Jour de la demi-finale A/B. On sait que ça va être chaud et on est prêt à tout. Il y a un puissant vent contre et de côté. On est ligne d'eau 1, c'est-à-dire là où tu es sûr de ne pas être à l'abri du vent. Bon, c'est pas comme si la ligne d'eau 6 avait l'air bien, les conditions sont difficiles pour tout le monde. Et ça ne sert à rien de penser à ça avant sa course. Contre nous, il y a la Nouvelle-Zélande, l'Angleterre, la Croatie (favorite, a gagné les trois coupes du monde), la Russie (détenteurs du record du monde) et l'Australie (champions du monde en titre). A priori, les Croates et les Russes devraient réussir à se qualifier, ce qui sera moins clair, ce sera la troisième place qualificative. Durant la saison, on battu quelques fois les australiens. On était à une seconde des kiwis hier. Les Anglais nous ont toujours battu, mais de peu. Bref, on a notre chance.

Nos premiers coups du départ se passent bien. Jusqu'à ce que l'une de nos rames rentre dans l'eau avec un mauvais angle. Là, on a un ou deux coups bien hésitants. Ca peut arriver, c'est pas grave, on repart. Au 500m, on est dans le coup. Mais on n'arrive pas à trouver le rythme. On se laisse trop perturber par le vent contre. On se rend la tâche difficile. Et ça donne lieu à beaucoup de souffrance pour peu de vitesse. On termine la course loin derrière. Les Croates, les Anglais et les Austaliens se qualifient.

Etonnament pas les Russes, ils se sont plantés sur ce coup-là.

On est déçu. La décéption ne vient pas vraiment de la finale B mais plutôt de notre course elle-même qui a été mauvaise. Dans deux jours, on disputera notre finale B. Toutes les cartes seront redistribuées.

Après notre débriefing de course, on va manger sur la régate puis on va dans les tribunes pour regarder la finale du huit hommes. Les allemands sont favoris, ils ont la pression. L'un d'eux avait vomi ce matin sur le bord du chemin. Une très belle course que l'Allemagne remporte devant le Canada et l'Angleterre. C'est vraiment cool de regarder les courses depuis les tribunes!

On me dit "der Pinsent". Bon, il y a probablement Matthew Pinsent le rameur anglais dans les parages. Je regarde autour de moi et je vois deux personnes entourées d'autres hommes en costard. Matthew Pinsent doit être l'un d'eux. "Hast du gesehen? Der Pinsent". Oui c'est bon j'ai vu, il y a Pinsent. C'est pas comme si c'était incroyable. "Die Prinzen!" Ahhhhhhhh les princes! Oui c'est vrai, c'est bel et bien eux, les Princes d'Angleterre! Ils sont venus faire une petite balade au lac d'Eton Dorney aujourd'hui. Et fêter la première médaille d'or anglaise en W2- Jusqu'ici, tous les bateaux anglais se débrouillent vraiment bien.


Augustin

  Demi-finale du M4x     Mercredi 1er août 2012
  Journée de repos    Le 31 juillet 2012

Journée de repos. J'ai tout le matin de libre. C'est bon de pouvoir dormir longtemps. A huit heures je suis bien réveillé et je décide d'aller manger. Huit heures, c'est comme une grasse matinée. Tous les jours précédents, c'était debout à six heures ou même cinq heures et demi. Je me fais plaisir au déjeuner. Avant les courses, j'ai pas beaucoup d'appétit. Mais là, la situation est différente. Petit-déjeuner de fou!

Il me reste encore plein de temps. Je vais dans notre social lounge regarder les JO, surtout l'aviron en fait. A peu près toutes les courses sont des courses de malade avec fréquemment des résultats inattendus. Techniquement, il y a deux bateaux qui sortent du lot, je trouve. D'abord Kim Crow l'Australienne qui assure et en skiff et aussi en double. Elle déroule bien le mouvement, elle est relax et directe. Pareil pour le double homme poids lourd argentin.

De la folie comme ils rament bien! Et le chef de nage n'a pas l'air d'être une bûche.

Evidemment, on attend tous avec impatience la demi-finale du quatre sans poids léger suisse. Une belle course! En plus il y avait les commentaires de Jérémy sur RTS. On est tous vraiment contents pour le 4- , ils la méritent cette finale A. Ils sont carrément capables d'une médaille. Affaire à suivre. Toi toi toi!

L'après-midi, on fait une sortie sur l'eau. Les courses sont terminées depuis un bon moment. Plus de bruit, plus de spectateurs, quelques rameurs. Ça fait bizarre ce calme. Ça fait même très bizarre. Il y a beaucoup de vent de côté. Pas facile. On se fait quand même une bonne sortie. On se réjouit de demain. Aujourd'hui, plusieurs bateaux ont su créer la surprise. Nous aussi, on se prépare à tout pour notre demi-finale de demain!


Augustin

  Repêchage du M4x, commenté par Jérémy     Lundi 30 juillet 2012
  Repêchage    Le 30 juillet 2012

Stress, pas facile de déjeuner. Je mange quand même un peu. On arrive au bassin. Un petit tour sur l'eau. Après ça, je me sens dans le coup, le stress est toujours là mais ce n'est pas trop non plus. On part s'échauffer. Il y a un monstre vent pour et de côté. C'est vraiment pas des conditions faciles. On fait un bon départ, on est dans le coup. Après 400m, on est deuxième, juste derrière les néozélandais et juste devant les italiens. Les américains sont un peu derrière, et ils semblent se faire gentiment distancer. Il faut qu'on fasse dans les trois premiers, ça pourrait le faire.

Les américains se plantent, je ne sais pas si c'est une fausse pelle, mais en tout cas, un coup s'est mal passé pour eux et ils perdent une longueur là-dessus. Les américains ne sont pas contents. Stimulés, ils relancent à fond et rament carrément mieux. 500m avant la fin, les kiwis sont un petit peu devant, ensuite les italiens, puis nous, puis les américains.

Ca devient chaud, le public fait beaucoup de bruit. Tous les bateaux sont à fond. 100m avant la fin, les quatre bateaux sont très très très proches. Au final, les kiwis gagnent en nous mettant une seconde. Les italiens, médaillés de bronze à la coupe du monde de Münich, sont un peu plus d'une demi-seconde devant nous. Les américains ont huit dixième de retard. C'était une course serrée!

Après quelques tours de récup, on accoste au ponton des médias. On répond à quelques questions puis on remonte sur le bateau. Là, je regarde le bassin et je me rends compte à quel point il est mauvais: des vagues se forment et se brisent sur notre coque. Le lac est mauvais, à part dans la zone après les bulles (qui sortent en guise de ligne d'arrivée) où c'est tout plat. C'est incroyable comme ces petites bulles anéantissent la vague. On devrait installer une ligne de bulle dans la baie de Vidy.


Augustin

  Lessive et ergomètre    Le 29 juillet 2012

Journée de repos. Petite sortie sur l'eau le matin. De retour au village, je vais chercher ma lessive. Hier soir j'ai apporté ce qui devait être lavé, je n'ai plus qu'à montrer mon accréditation et on va me la rendre toute propre! J'espère que les pouvoirs de mon accréditation ne se limitent pas au village olympique, j'aimerais bien continuer à m'en servir indéfiniment dans la vie de tous les jours :)

L'après-midi, il pleut des cordes. Et il y a un vent terrible. Le bassin est fermé car en plus du vent il y a aussi de l'orage. Alors on reste au village et on rame un peu sur l'ergomètre. J'ai l'impression que ça fait des mois que je suis plus monté là-dessus. En y réfléchissant, la dernière fois c'était il y a une semaine et demie.

Et c'était pas hyper drôle. Le traumatisme a apparemment vite passé.

C'est pas très inspirant de regarder autour de soi les autres rameurs faire de l'ergo. C'est clair que sur un ergo, le mouvement change un peu. Mais pour la plupart d'entre eux, c'est comme si en montant sur la machine ils oubliaient la base la plus basique du mouvement de l'aviron. C'est vraiment choquant de les voir faire un mouvement aussi inefficace alors que sur l'eau la plupart rame vraiment bien. C'est pas comme si l'ergo c'était très compliqué...

Après le souper, au lit à 21:30. Demain, départ du bus à 06:30, il va falloir me lever tôt et surtout être prêt pour une course à fond pour les repêchages.


Augustin

  Eliminatoire du M4x, commenté par Vincent     Samedi 28 juillet 2012
  Eliminatoire    Le 28 juillet 2012

Jour de l'éliminatoire. Je suis stressé mais pas trop. J'ai même pu bien manger le matin. Evidemment, je n'exagère pas avant une course parce que je sais que stress + nourriture c'est pas idéal. En attendant ma course, sous la tente, j'entends souvent une clameur incroyablement puissante. Les tribunes sont géantes, toutes les places sont occupées, et quand il y a une course, particulièrement quand il y a un bateau anglais, l'ambiance est folle!

Dans l'attente, au départ, je me sens bien. Tendu, stressé, mais bien. La course part, il faut qu'on termine dans les trois premiers pour aller directement en demi-finale. Sinon, il faudra passer par les repêchages. Nos premiers coups du départ pourraient être mieux. On part derrière. Après le départ, malgré un bon vent pour, on trouve le rythme et peu à peu, on remonte les Ukrainiens. 500m avant la fin on est devant eux. Mais on a dû bien pousser pour en arriver là. Sur les derniers 300m, ils lancent un gros emballage et nous laissent derrière. On termine quatrième, on doit passer lundi par les repêchages.

On est déçus, mais hormis les premiers coups du départ, la course était bonne.

L'après-midi, je retourne à la salle de jeux, histoire de me relaxer un peu. Cette fois, je joue au "Puissance 4". Jeu que tout le monde connaît. Cette fois aussi, c'est la version "rameur". Tout est vingt fois plus gros! Ca rend le jeu vachement plus intéressant. Surtout quand on gagne héhé!

Lors du souper, je rencontre le rameur du Zimbabwe, je ne me rappelle plus de son nom, mais je me rappelle bien de lui. J'étais contre lui en skiff l'année passée, ici, à Eaton, lors des demi-finales des mondiaux juniors. Lui aussi, il se souvient bien de moi, c'est moi qui lui avait pris la place en finale A, pour quelques dixièmes de seconde. Il s'est qualifié en skiff pour les JO. Il devra passer par les repêchages. Il est très sympa, sa coach aussi. Ils me demandent quand sera ma course lundi. Je n'en ai aucune idée. Pour l'instant place à la récupération!


Augustin

  Sans accréditation...    Le 27 juillet 2012

Après la sortie sur l'eau du matin, je me fais brièvement interviewer par la RTS. Ensuite, encore une toute petite sortie sur l'eau, juste pour tester le "start system". On mange au bassin puis on rentre. Une fois douché, j'ai un petit creux, deux barres de céréales et un rivella ça passerait bien. Je sors de ma chambre, laisse la porte entrouverte, traverse le couloir et me retrouve dans notre petit "social lounge". Là, il y a des canapés, des "poufs" ( gros coussins-sofa), une télévision et deux frigos. L'un des frigos est rempli de rivella, et qui dit rivella dit bouchon et qui dit bouchon dit code et qui dit code dit vignettes pour mon Swiss Olympic Team Album!

Je retourne vers ma chambre et je remarque que la porte s'est refermée. Je suis en slip, ma clé est dans ma chambre, mon accréditation aussi. Il faut que je me rende au bureau de l'hébergement pour régler ça. En slip, et sans accréditation, ça risque d'être compliqué. Bon, j'ai tout de même mes deux barres de céréales et ma boisson, la situation n'est pas catastrophique. On me prête un short et un T-Shirt et c'est parti! Au bureau, sans mon accréditation, je n'ai pas de preuve que je suis bel et bien Augustin! J'argumente en montrant mon rivella, boisson qui ne se trouve pas dans les distributeurs et qu'on ne trouve que dans le frigo suisse. Finalement, ils passent un coup de fil au responsable des rameurs suisses et ça s'arrange. Moralité: lors des JO, sans accréditation, on est plus nu qu'en slip.

L'après-midi est le moment idéal pour découvrir la salle de jeux. Là, il y a pas mal de trucs chouettes comme des jeux de société, des télés, des ordinateurs, des tables de billard, des consoles de jeux etc... Le physio met une raclée à Nico et moi au billard.

Lassés, on va jouer au Jenga. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Jenga, c'est une tour construite par des plots en bois superposés. Trois plots par étage. Chacun son tour, il faut enlever un des plots de la tour et le poser au somment de celle-ci. La tour devient de plus en plus grande et instable. Ce qu'il y a de particulier, c'est que c'est le Jenga version rameur: les plots sont lourds et ont la taille d'une brique. La tour peut donc aller relativement haut et plutôt massive. Lorsque la tour tombe, ça fait un monstre bruit et tu es content de ne pas être dessous.

Ensuite souper. A la fin de celui-ci, une fanfare bien costumée vient jouer quelques chansons de Rocky. Il y a aussi quatre filles plus ou moins plumées qui se déplacent comme des poules. J'ai beaucoup ri, je n'ai pas compris ce qu'elles faisaient là. Je pense que personne n'a compris d'ailleurs.

Retour au social lounge pour regarder la cérémonie d'ouverture. Dehors, les australiens se sont tous habillés comme pour la cérémonie et ont fait des tours de quartier en criant. Dix minutes plus tard, je retourne les voir, certains sont en slip vert "Australia". Pas mal leur tenue officielle! J'en veux un!

Je ne regarde que jusqu'à 22h, mais heureusement j'ai vois le moment où il y a Mr Bean. Rowan Atkinson, il est trop drôle ce type! Grâce à lui, je peux aller me coucher sans trop de regrets. Demain, éliminatoires!


Augustin

  Dormir dans le bus    Le 26 juillet 2012

Petite sortie sur l'eau le matin. Toujours peu de vent, le bassin est calme. Le soleil tape, il fait très chaud. Je me demande combien de litres d'eau je bois par jour. Je calculerai ça demain. Je fais attention, quand on a soif et qu'il y a des distributeurs de boissons tous les 50m, c'est vite arrivé de se faire une overdose de sucre. Car à part l'eau, tout ce qu'il y a à disposition est hyper sucré, même les jus de fruits (ça a beau être du 100% jus de fruits, la dose de sucre est encore plus grande que pour un coca).

Mes trajets village-bassin en car se résument en deux verbes: boire et dormir. Principalement dormir en fait. Deux aller-retour en car par jour, ça fait quatre siestes. Aujourd'hui, je me suis même surpris à en faire une cinquième, chez l'osthéopathe.

Sur les quarante-cinq minutes de la séance, les vingt premières il préparait le terrain, c'était tout tranquille. Là j'étais encore éveillé. Ensuite pendant une minute, mon corps a craqué dans tous les sens. Puis c'était à nouveau tout tranquille et je me suis endormi rapidos. C'est marrant de se réveiller perdu sur une table, le regard au plafond, avec une main étrangère sous le dos et une autre sous la nuque.

Lors de la sortie de l'après-midi, il fait toujours beau et chaud mais le lac était déjà bien plus venteux. On verra comment ça se passe demain, j'ai entendu dire que la météo serait anglaise et que ce serait moins drôle sur le Dorney Lake.


Augustin

  Sur la pelouse    Le 25 juillet 2012

Je suis dans le bus, on est parti du village et on se dirige vers le bassin. Un trajet dure à peu près 30min. La durée varie selon le traffic (au retour on mettra 60min). Il y a des "olympic lanes", voies sur lesquelles entre 08h et 16h (je crois) il n'est pas permis de circuler car elles sont réservées aux athlètes ou aux officiels. Même avec ça, il n'est pas possible d'échapper tout à fait à la circulation. Depuis le bus, j'aperçois au loin les deux grandes tours blanches du bassin. Quinze minutes plus tard, le bus arrive au plan d'eau.

Jusqu'ici, le bassin a été étonnament calme, même très calme. Alors qu'il est réputé pour être venteux, agité et inégal. Il paraît que la semaine passée, le bassin n'a pas fait défaut à sa réputation. Pour l'instant, il fait très chaud et il y a un tout petit peu de vent, rien d'affolant.

L'après-midi, on a rendez-vous avec les médias, à Windsor, donc en dehors du village. Rendez-vous dans la rue, sur des bancs. Je ne sais pas pourquoi ça prend place là, devant le château. Les voitures font pas mal de bruit et il y a aussi régulièrement des avions. Les passants sont intrigués. On prend une photo de groupe et pour ça on ose fouler au moins deux mètres carrés de la pelouse. Un passant nous avertit tout de suite qu'on est en train de faire quelque chose de grave et que la police "would be really upset".

C'est bien, ça nous fait rire pour la photo et on se retire vite de la pelouse sacrée. Il faut tout de même avouer qu'elle était belle!

Avant de partir, les entraîneurs nous avaient fait un petit briefing et nous avaient averti qu'il y aurait sûrement l'un ou l'autre journaliste qui essaierait de nous faire dire ce qu'il voulait entendre. Surtout peut-être avec le changement de place récent dans le bateau. Les interviews se sont généralement bien passées. Il y a quand même une fois où un journaliste essayait de me faire dire ce que je ne pensais pas. Il reprend mes paroles et essaie de me faire confirmer sa propre conclusion qui est totalement contraire à ce que je viens de dire. On m'avait averti, ça me fait marrer, je réponds bien.

Au retour, une aide volontaire, nous ramène en voiture. Pour sortir la voiture de sa place de parque, elle doit passer sur un pigeon mort. Plutôt que de se débrouiller pour l'éviter, elle demande tout naturellement à un taximan s'il peut déblayer la carcasse car elle n'aimerait pas rouler dessus. Le brave homme saisit l'oiseau mort par la patte et nous en débarrasse. Je suis perplexe et pourtant tout ça s'est passé tout naturellement. Décidément, j'ai encore pas mal de lacunes quant aux moeurs anglaises.


Augustin

  En route pour les JO de londres, dans "24 heures"     Mardi 24 juillet 2012
  L'arrivée à Londres    Le 24 juillet 2012

Aujourd'hui, je suis parti pour Londres. Avec ma grosse valise et mes habits "Swiss Olympic Team" les gens étaient visiblement intrigués, que ce soit dans le train ou à l'aéroport. Ces belles valises blanches n'ont d'ailleurs pas très bien supporté le voyage en soute: la mienne s'en sort avec quelques traces noires et griffures, d'autres se sont retrouvées à Londres avec des trous.

Arrivé à Londres, on (les rameurs suisses) prend un car direction notre village. Pas le "vrai" village. Celui-là il est trop loin du bassin, On ira dans le village principal lorsque nos compétitions seront terminées. En attendant, on est dans ce plus petit village, village pour les rameurs, les kayakistes et les canoéistes.

A l'entrée du village, gros contrôle de sécurité. A chaque fois qu'un car part, des "scotchs" spéciaux sont collés sur chaque partie coulissable du véhicule (portes, soute, coffre, le machin pour l'essence aussi). Des militaires vachement armés contrôlent qu'en arrivant le bus soit toujours bien scellé. Ils ont aussi une perche avec une caméra au bout et contrôlent qu'il n'y ait rien sur et sous le car. On fait passer nos bagages aux rayons X et nous aussi on y passe. Nos accréditations sont encore contrôlées et c'est bon, on peut entrer. C'est marrant parce qu'ayant participé aux Jeux Olympiques de la Jeunesse, il y a quand même déjà pas mal de choses que je connais déjà. Comme à Singapour, il y a des aides volontaires un peu partout, pas toujours actifs mais toujours disponibles.

Comme à Singapour, il y a un buffet vers le plan d'eau et un buffet au village ouvert non-stop. Il y a des distributeurs de boissons un peu partout, il n'y a qu'à se servir.

Dans les salles à manger, il y a à l'entrée un avertissement "Please mind your head" avec en-dessous une traduction française "Veuillez rappeler votre tête" (la traduction de "Please mind the step" par "Veuillez rappeler l'étape" est assez drôle aussi). Ils ont conscience que les rameurs peuvent être très grands, c'est bien! Dans ma chambre, le lit a été rallongé grâce à une sorte de grand coussin. Ce n'était pas le cas l'année passée, quand j'étais venu au même endroit pour les mondiaux juniors. Ce qu'il y a de différent, c'est aussi ces barrières et ces sacs de sable qui sécurisent le périmètre du village. Pareil autour du bassin olympique.

A l'arrivée du bassin, les tribunes pour le public sont énormes. Mais il y a bien plus énorme: deux tours de métal, un peu comme des antennes radios, se tiennent au départ et à l'arrivée du bassin. Un long câble s'étire d'un bout à l'autre, survolant les 2000m du champ de course. Ces tours sont hautes d'une cinquantaine de mètres (d'après moi). Grâce au câble, une caméra pourra suivre les bateaux et donner une vue aérienne pendant les courses. Il paraît même que c'est la plus grande installation au monde pour ce genre de caméras aériennes.


Augustin

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